LPO & WWF: acquisition de 582 ha au marais de Mazerolles, quelles conséquences pour la chasse en Loire-Atlantique ?

Achat marais Mazerolles LPO WWF 582 hectares : prix, financement public, enjeux chasse gibier d'eau. Analyse factuelle pour chasseurs et gestionnaires de territoires humides en Loire-Atlantique.


🔍 L'opération foncière : 582 hectares pour 3,7 millions d'euros

Le 26 mars 2026, la LPO et le WWF France ont officialisé l'acquisition de 582 hectares au cœur des marais de Mazerolles, dans la vallée de l'Erdre (Loire-Atlantique), site classé Natura 2000. Le montant de la transaction, estimé à 3,7 millions d'euros, équivaut à environ 5 000 € l'hectare — un niveau nettement supérieur aux tarifs de référence encadrés par la SAFER pour des prairies inondables.

📊 Données foncières vérifiées:

  • Prix moyen des terres agricoles en Loire-Atlantique : 2 890 €/ha en 2024 (+4 % vs 2023)
  • Surface totale des zones humides en France : ~2,2 millions d'hectares (métropole + outre-mer)
  • Le marais de Mazerolles représente l'une des dernières grandes zones humides endiguées de l'ouest nantais

L'Association des Chasseurs de Gibiers d'Eau de Loire-Atlantique (ADCGELA), partie prenante historique de la gestion de ce marais, s'interroge publiquement sur les modalités de cette opération et la transparence des financements publics mobilisés.


⚠️ Points de vigilance soulevés par les acteurs cynégétiques

L'ADCGELA, tout en partageant l'objectif de préservation des zones humides, alerte sur trois risques concrets:

🔹 État écologique du site: La jussie (Ludwigia spp.), plante invasive, colonise massivement certaines parcelles, réduisant l'attractivité pour l'avifaune nicheuse. La digue principale, fragilisée par les galeries de ragondins, nécessite des travaux urgents pour éviter une rupture hydraulique.

🔹 Gestion du grand gibier: Sans entretien régulier (fauche, pâturage, tirs de régulation), ces 582 hectares pourraient devenir un refuge pour les sangliers, avec des impacts potentiels sur les cultures riveraines et la sécurité routière. L'association demande que la LPO participe financièrement aux éventuels dégâts causés.

🔹 Accès et pratique cynégétique: Les chasseurs de gibier d'eau réclament une représentation au sein du futur comité de gestion, aux côtés de la Fédération Départementale des Chasseurs, pour garantir le maintien d'activités traditionnelles compatibles avec la biodiversité.

📌 Rappel réglementaire: Depuis le 15 février 2023, l'utilisation de grenaille de plomb est interdite dans les zones humides et à moins de 100 mètres de celles-ci. Le Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (SDGC) de Loire-Atlantique reste opposable à tous les pratiquants, y compris sur les terrains acquis par des associations.


💰 Transparence des financements : un enjeu national

La question des subventions publiques mobilisées pour cette acquisition dépasse le cadre local. En France, les associations de conservation bénéficient majoritairement de financements étatiques (57 %) et territoriaux (40 %). Pourtant, le contrôle de l'utilisation effective de ces fonds reste perfectible : un rapport de l'Inspection Générale des Finances (2025) pointe un manque de visibilité pour les associations sur les circuits de financement, fragilisant leurs modèles économiques.

🔍 Bon à savoir: Toute association bénéficiant d'une subvention publique doit respecter des obligations de reporting financier et de publication des comptes. Les chasseurs et contribuables peuvent consulter le portail associations.gouv.fr pour accéder aux données budgétaires des structures subventionnées.


🦆 Gestion des zones humides : quel modèle pour concilier chasse et biodiversité?

Les zones humides françaises, bien que couvrant potentiellement 23 % du territoire métropolitain (~13 millions d'hectares), font l'objet de pressions multiples : artificialisation, eutrophisation, espèces invasives. Dans ce contexte, la gestion cynégétique traditionnelle — fauche hivernale, création de mares, régulation des populations — a démontré son efficacité pour maintenir des milieux ouverts favorables à de nombreuses espèces.

Pratiques éprouvées :

  • Entretien des mares de chasse : création de zones d'alimentation pour anatidés et rallidés
  • Fauche tardive : préservation des nichées au sol et de la végétation herbacée
  • Régulation sélective : prélèvements adaptés aux capacités d'accueil du milieu, dans le cadre du SDGC

💡 Le saviez-vous ? Environ 400 000 chasseurs de gibier d'eau pratiquent en France, dont une majorité en zones humides atlantiques et camarguaises. Leur implication dans l'entretien des milieux représente un levier économique et écologique souvent sous-estimé dans les politiques de conservation.


🎯 Conclusion : vers une gouvernance partagée?

L'acquisition du marais de Mazerolles par la LPO et le WWF marque une étape importante pour la protection des zones humides ligériennes. Toutefois, sa réussite écologique et sociale dépendra de la capacité des nouveaux gestionnaires à intégrer les savoir-faire locaux, dont ceux des chasseurs de gibier d'eau, et à garantir une transparence totale sur l'usage des fonds publics.

Pour les acteurs du territoire, l'enjeu est clair: éviter la mise sous cloche d'un espace historiquement géré par l'homme, et privilégier une approche concertée où conservation de la biodiversité et pratiques cynégétiques durables peuvent coexister. La vigilance reste de mise — mais le dialogue aussi.

LPO & WWF: acquisition de 582 ha au marais de Mazerolles, quelles conséquences pour la chasse en Loire-Atlantique ?

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